Le Syndicat des journalistes palestiniens expulse un membre pour normalisation avec Israël

Par KHALED ABU TOAMEH, Jerusalem Post, Publié le 16 Juin 2022

Traduit et commentaires par David Cohen*



Des Palestiniens, des Israéliens et des politiciens assistent à une cérémonie commémorative commémorant le long conflit israélo-palestinien à Tel Aviv le 3 mai 2022, alors qu'Israël célèbre le jour du Souvenir annuel, le 3 mai 2022. (crédit : TOMER NEUBERG/FLASH90)


La journaliste palestinienne et militante pour la paix, Rafa Mismar, a été expulsée du Syndicat des journalistes palestiniens (PJS) pour avoir encouragé la normalisation avec Israël. Le PJS, qui est dominé par des membres de la faction au pouvoir du Fatah dirigée par le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a déclaré dans un communiqué que la décision d'expulser Mismar était due à sa participation à la cérémonie conjointe du jour du souvenir le mois dernier.


Journée du souvenir commémorative israélo-palestinienne

La Journée commémorative israélo-palestinienne a lieu chaque année à la veille du jour du Souvenir pour les morts des guerres d'Israël et les victimes du terrorisme.


La cérémonie a été initiée par l’Israélien Buma Inbar, dont le fils a été tué au Liban en 1995, et d'autres militants pacifistes, ainsi que le mouvement Combatants for Peace, une ONG israélo-palestinienne. La première cérémonie a eu lieu en 2006. La cérémonie de cette année a été diffusée à partir de deux sites : Bet Jala (près de Bethléem), animé par Mismar, et l'Auditorium Smolarz de l'Université de Tel Aviv, animé par Yossi Zabari, un artiste de la création parlée.


La participation de Mismar à l'événement a attiré les critiques de plusieurs Palestiniens, y compris des journalistes qui ont appelé le syndicat à prendre des mesures punitives contre elle pour avoir prétendument encouragé la normalisation avec Israël. : "Cette participation dépasse la normalisation au point d'accepter l'infériorité et de s'identifier au récit de l'occupation et de le promouvoir." a indiqué le Syndicat.


Le Syndicat des journalistes palestiniens

Le syndicat a déclaré qu'une enquête qu'il a menée a révélé que la cérémonie israélo-palestinienne était une "conférence de normalisation qui assimile le tueur à la victime et ne tient pas compte des droits du peuple palestinien". La participation de Mismar à la cérémonie et à d'autres rencontres avec des Israéliens indique son "insistance à poursuivre la politique qui est rejetée par notre peuple, nos institutions et nos syndicats".


Notant que ses règlements interdisent à ses membres de s'engager dans des activités de normalisation avec des Israéliens, le syndicat a déclaré que la participation de Mismar à la cérémonie a coïncidé avec le meurtre de Palestiniens, y compris de journalistes, par Tsahal. "Cette participation dépasse la normalisation au point d'accepter l'infériorité et de s'identifier au récit de l'occupation et de le promouvoir", a expliqué le syndicat.


Il a affirmé que la journaliste palestinienne et militante pour la paix avait ignoré une demande du syndicat de comparaître devant un panel spécial pour expliquer ses actions. Elle a également omis de renouveler sa carte de presse pendant plusieurs années, a ajouté le syndicat.


* David Cohen-Commentaires

C’est à en pleurer et la droite israélienne doit jubiler. L’expulsion de la journaliste palestinienne par le Syndicat des journalistes palestiniens témoigne de l’abime qui sépare les sociétés palestinienne et israélienne. C’est un nouveau coup de boutoir asséné aux pacifistes palestiniens et israéliens qui tentent depuis des décennies de bâtir des ponts entre eux. Le syndicat s’est trompé de victimes. Il attaque celles qui luttent sans relâche contre l’occupation et en faveur de la liberté, la dignité, la sécurité et la démocratie pour une Palestine souveraine vivant côte à côte avec l’état d’Israël. L’attitude irrédentiste du syndicat est typique de celle en général de la société civile palestinienne. L’Autorité palestinienne (AP) aussi s’oppose à la normalisation avec Israël en particulier dans les territoires occupés mais elle est moins jusqu’ auboutiste que la société civile car elle accepte de collaborer avec Israël entre autres, en matière de sécurité, de fiscalité, et de mobilité des palestiniens en Israël touchant la main d'oeuvre et la santé. De plus, l’AP maintient des ponts ouverts avec la gauche israélienne, comme par exemple La Paix maintenant. Il est évident que la paix n' est pas pour bientôt.

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